Une vie réglementée

Dans les institutions, établissements et places d’accueil, la vie quotidienne était encadrée par des normes claires. Pendant longtemps, on y accorda davantage d’importance à l’éducation collective qu’aux besoins individuels. Le quotidien était organisé en fonction du travail, même si certaines personnes firent d’autres expériences.

© Association Les visages de la mémoire

Discipline et règles

La personne placée dans une institution ou un établissement perdait sa liberté.

Elle devait se soumettre à la hiérarchie et à l’organisation des journées imposée par la direction. Pour maintenir l’ordre et la discipline, celle-ci maniait la carotte – les privilèges – et le bâton – les punitions. Les internes devaient par ailleurs se faire une place au sein des pensionnaires et comprendre les règles tacites qui régnaient entre eux...

Plus de 1000 Ă©tablissements et autres institutions

Les personnes étaient placées dans des familles d’accueil ou internées dans des institutions dont la gestion, le financement et la surveillance revenaient aux cantons, aux districts, aux communes ou à des particuliers, mais souvent aussi à des instances religieuses.

Les besoins individuels davantage pris en considération

À partir des années 1960, les établissements prirent de plus en plus en compte les besoins de leurs internes, une évolution favorisée par la transformation de la société.

Photo en noir et blanc d'une chambre dans l'institution éducative Uitikon-Waldegg. Un adolescent est assis à son bureau de travail, à gauche se trouve un lit avec un tapis devant. Des rideaux ornent la fenêtre et des posters de voitures de sport décorent les murs.

Un jeune travaille à son bureau dans la maison d’éducation au travail d’Uitikon-Waldegg (ZH) sur cette photo prise en 1970. Photographe : Hans Gerber.

Les principes éducatifs commencent à évoluer dans les centres pour enfants et jeunes à partir des années 1960. Les formations organisées pour le personnel se spécialisent et se fondent toujours plus sur des bases scientifiques. Les établissements accordent davantage d’importance à la vie privée et aux besoins individuels des internes. Ils abandonnent les uniformes, autorisent les filles à porter des pantalons et transforment les dortoirs en chambres individuelles que les jeunes peuvent décorer de posters. Le changement de mentalité en cours à cette époque au sein de la société favorise cette évolution. Les conditions de vie dans les maisons d’éducation sont par ailleurs durement critiquées par le mouvement Heimkampagne lancé au début des années 1970.

Nous prenons la parole dans ce film

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